Les troubles anxieux (anxiété, angoisse)
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Les troubles anxieux (anxiété, angoisse)

Publié par topclinique topclinique   | Il ya 10 ans   | 662

Troubles anxieuxLes troubles anxieux regroupent divers troubles en lien avec une anxiété excessive et difficiles à gérer, qui se manifestent de façon très variable. Il peut s’agir d’attaques ou de crises de panique aiguës, de phobies, de troubles anxieux généralisés. Il existe également plusieurs classifications de ces troubles, différant légèrement selon les pays.

Dans la population générale, l’ensemble des troubles anxieux a une prévalence d’environ 15 % sur 12 mois environ (et jusqu’à 20 à 30 % si on prend en compte la vie entière)1. Ils font partie des troubles mentaux les plus fréquents. Le trouble anxieux généralisé touche 2 à 6 % des adultes (un peu plus de femmes que d’hommes).

Si l’anxiété ponctuelle est normale, les personnes atteintes de troubles anxieux sont aux prises avec une anxiété excessive, persistante, qui affecte gravement leur qualité de vie. Le diagnostic est posé si la peur est disproportionnée (en durée, en intensité ou en fréquence) par rapport à la situation réelle, et si les symptômes persistent plus de 6 mois.

Il s’agit d’un trouble de santé mentale qui nécessite une prise en charge médicale et psychologique adéquate.

Les différents types de troubles anxieux

Les troubles anxieux se manifestent de façon très variable, allant de crises de paniques à une phobie très précise, en passant par une anxiété généralisée et quasi constante, qui n’est justifiée par aucun événement particulier.

En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) répertorie six entités cliniques2 (classification européenne CIM-10) parmi les troubles anxieux :

  • le trouble anxieux généralisé,
  • le trouble panique avec ou sans agoraphobie,
  • le trouble d’anxiété sociale,
  • la phobie spécifique (par exemple la phobie des hauteurs ou des araignées),
  • le trouble obsessionnel compulsif,
  • l’état de stress post-traumatique.

La version la plus récente du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, le DSM-V, parue en 2014, très utilisée en Amérique du Nord, propose quant à elle de catégoriser les différents troubles anxieux comme suit3 :

  • les troubles anxieux,
  • les troubles obsessionnels compulsifs et autres troubles associés
  • les troubles associés au stress et aux traumatismes

Chacune de ces catégories comprend une dizaine de « sous-groupes ». Ainsi, parmi les « troubles anxieux », on trouve, entre autres : l’agoraphobie, le trouble d’anxiété généralisé, le mutisme sélectif, la phobie sociale, l’anxiété induite par un traitement médicamenteux ou par des drogues, les phobies, etc.

Les symptômes des troubles anxieux (anxiété, angoisse)

Les symptômes varient d’une personne à l’autre, et comprennent en général plusieurs de ces signes :

  • sensation de peur d’inquiétude, de panique ou malaise
  • palpitations cardiaques
  • sueurs (mains moites, bouffées de chaleur…)
  • tremblements
  • souffle court, bouche sèche
  • sensation d’étouffement
  • douleurs dans la poitrine
  • nausées
  • vertiges ou étourdissements
  • picotements ou engourdissements dans les membres
  • troubles du sommeil
  • autres symptômes physiques variés

Le DSM-5 recommande de poser les questions suivantes pour dépister les troubles anxieux : au cours des deux dernières semaines, à quel point vous êtes vous senti(e) gêné(e) par ces sensations ?
    ○ Se sentir nerveux, anxieux, effrayé, inquiet
    ○ Se sentir paniqué ou être effrayé
    ○ L’envie d’éviter des situations qui vous rendent anxieux

Le trouble panique (ou crises de panique) est caractérisé par des attaques de panique imprévisibles et récurrentes, au cours desquelles la personne a du mal à respirer, ressent une peur intense, incontrôlable, et d’autres symptômes comme par exemple des nausées ou des palpitations.

L’anxiété généralisée correspond, comme le terme l’indique, à un sentiment général et constant d’anxiété difficile à contrôler.

La phobie sociale, quant à elle, se traduit par une peur excessive face à diverses situations sociales, qui pourraient être embarrassantes, humiliantes, ou qui sont associées à une notion de performance.

Les phobies spécifiques peuvent être associées à une grande diversité de situations ou d’objets/animaux. Elles entrainent une peur totalement irraisonnée, par exemple des araignées, des ascenseurs, des transports publics…

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont une manifestation d’anxiété et ils se traduisent par des idées obsédantes, envahissantes, et des comportements compulsifs (par exemple une obsession de la propreté, le besoin de vérifier constamment si telle ou telle chose est à sa place, etc…).

Le trouble d’accumulation compulsive est désormais reconnu comme faisant partie des troubles anxieux : il se traduit par le besoin irrépressible d’accumuler des objets (des brochures, des objets trouvés dans la rue, etc.).

Enfin, le syndrome de stress post-traumatique est un profond malaise, une peur survenant à la suite d'un événement traumatisant, parfois quelques mois après.

En général, les phobies spécifiques apparaissent tôt, dans l’enfance ou l’adolescence, alors que l’anxiété généralisée, les troubles paniques ou le syndrome de stress post-traumatique surviennent en moyenne plus tard, entre 24 et 50 ans4.

Il est important de noter que les troubles anxieux sont de sévérité variable. Certaines personnes qui en souffrent sont incapables de mener une vie normale (par exemple sortir de chez elles, prendre les transports…), d’autres vivent avec des crises plus ponctuelles, mais imprévisibles. Certains événements peuvent aggraver les symptômes et faire resurgir certaines angoisses. Notons aussi que de nombreuses personnes atteintes de troubles anxieux ne sont pas diagnostiquées et ne bénéficient donc pas d’un suivi médicale.

Dans tous les cas, une prise en charge médicale et une évaluation psychologique sera utile pour améliorer la qualité de vie.

Les causes et les facteurs de risque des troubles anxieux

Avant tout, il est utile de rappeler que l’anxiété est une émotion normale, qui apparaît lorsqu’on se sent menacé ou en danger. Elle devient néfaste et problématique lorsqu’elle se manifeste de façon excessive par rapport à la menace réelle ou qu’elle persiste sur une longue durée, interférant ainsi avec les activités et le fonctionnement quotidien de la personne.

Les causes des troubles anxieux ne sont pas parfaitement connues. Elles font intervenir des facteurs génétiques, physiologiques et environnementaux.

Ainsi, on sait qu’une personne a plus de risque de présenter des troubles anxieux si quelqu’un de sa famille en souffre. Le fait d’être une femme est également reconnu comme un facteur de risque de trouble anxieux.

Le fait d’avoir vécu des événements stressants

La prévention des troubles anxieux

La survenue de troubles anxieux ne s’explique pas vraiment de façon rationnelle. Il est donc difficile de savoir qui risque d’en souffrir.

En revanche, certains événements stressants et traumatisants peuvent favoriser la survenue de troubles anxieux. Il est donc recommandé de ne pas tarder à obtenir de l’aide psychologique après un tel événement, en particulier chez les enfants.

Enfin, de bonnes habitudes de vie restent indispensables pour essayer de limiter l’anxiété :

  • avoir un rythme régulier de sommeil et des nuits suffisamment longues
  • pratiquer une activité physique régulière
  • éviter la consommation d’excitants, de cannabis, d’alcool et d’autres drogues
  • s’entourer et pouvoir être épaulé(e) en cas d’anxiété trop forte.

Les traitements des troubles anxieux (anxiété, angoisse)

Le traitement des troubles anxieux repose sur des interventions médicamenteuses et/ou psychologiques. Dans tous les cas, une prise en charge médicale est nécessaire pour mettre en place une thérapie adéquate, adaptée aux besoins du patient, à ses symptômes et à sa situation familiale et sociale.

Prise en charge psychologique

Une prise en charge psychologique est nécessaire en cas de troubles anxieux.

Elle peut même constituer le seul traitement, ou être associée au traitement pharmacologique, dépendamment de la sévérité des troubles et des attentes de la personne atteinte.

La thérapie cognitive et comportementale est la thérapie qui a été le plus étudiée dans le traitement des troubles anxieux, notamment pour la phobie sociale, le trouble panique et le trouble obsessionnel-compulsifs. En se concentrant sur les facteurs qui causent et maintiennent l’anxiété et en donnant au patient des outils de contrôle, ce type de thérapie est généralement efficace de façon durable (12 à 25 séances de 45 minutes en général). Selon la HAS, les thérapies cognitives et comportementales structurées sont même aussi efficaces que les traitements médicamenteux.

D’autres types de thérapies, comme la thérapie pleine conscience, ont également montré leur efficacité lors d’études cliniques. Le but est de porter son attention et de se concentrer sur le moment présent, et d’apprendre ainsi à contrôler son anxiété.

La psychothérapie analytique peut être initiée pour comprendre les origines de l’anxiété, mais son efficacité sur les symptômes est moins rapide et moins reconnue.

Prise en charge pharmacologique

Si les symptômes sont trop intenses et que la psychothérapie ne suffit pas à les contrôler (par exemple en cas d’anxiété généralisée), un traitement médicamenteux peut être nécessaire.

Plusieurs médicaments sont reconnus pour leur efficacité contre l’anxiété, en particulier lesanxiolytiques (benzodiazépines, buspirone, prégabaline) qui agissent de façon rapide, et certains antidépresseurs qui constituent le traitement de fond, à savoir les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN).

Ces médicaments peuvent entraîner une aggravation de l’anxiété en début de traitement et une surveillance médicale étroite est donc nécessaire.

Du fait du risque de dépendance, les benzodiazépines doivent être prescrites de façon temporaire (idéalement pas plus de 2 à 3 semaines). L’initiation comme l’arrêt du traitement doivent être supervisés par le médecin.

Comme la prégabaline n’induit pas de risque de dépendance et que son efficacité est immédiate, elle est parfois préférée aux benzodiazépines.

Références

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Bibliographie

Haute autorité de santé. www.has.fr

Mayo Foundation for Medical Education and Research (Ed). Diseases & Condition – Generalized anxiety disorder, MayoClinic.com. [Consulté le 15 décembre 2014]. www.mayoclinic.com

WebMD. Anxiety disorders.[Consulté le 15 décembre 2014]. www.webmd.com

Institut Douglas. Troubles anxieux.[Consulté le 15 décembre 2014]. www.douglas.qc.Ca

Canadian clinical practice guidelines for the management of anxiety, posttraumatic stress and obsessive-compulsive disorders.

Katzman MA, Bleau P, Blier P, Chokka P, Kjernisted K, Van Ameringen M; et al. BMC Psychiatry. 2014;14 Suppl 1:S1.

Notes.

1. Statistique Canada. Troubles anxieux. http://www.statcan.gc.ca/pub/82-619-m/2012004/sections/sectionb-fra.htm
2. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Haute Autorité de Santé. Juin 2007.
3. DSM-5. Anxiety disorder.
4. Canadian clinical practice guidelines for the management of anxiety, posttraumatic stress and obsessive-compulsive disorders http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4120194/
5. Mise à jour dans le traitement des troubles anxieux. Jean-Pierre Bernier, Isabelle Simard. Pharmactuel. Vol. 40 N° 4 Août - Septembre 2007.
6. Role of yoga in modifying anxiety level in women. Mullur LM, Khodnapur JP, Bagali S, Aithala M, Dhanakshirur GB. Indian J Physiol Pharmacol. 2014 Jan-Mar;58(1):92-5.
7. Mind-body practices for posttraumatic stress disorder. Kim SH, Schneider SM, Kravitz L, Mermier C, Burge MR. J Investig Med. 2013 Jun;61(5):827-34. Review.
8. Djayala Varma. Hypnose et troubles anxieux : Actes du troisième Congrès de l'Association Européenne Des Praticiens d'Hypnose. Edition l'Harmattan, 8 déc. 2010
9. Measuring the Chemical and Cytotoxic Variability of Commercially Available Kava (Piper methysticum G. Forster).Martin AC, Johnston E, Xing C, Hegeman AD. PLoS One. 2014 Nov 3;9(11):e111572. eCollection 2014